Airbus fixe un objectif de livraisons 2026 inférieur aux attentes, tandis que Boeing montre des signes de reprise
Airbus fixe un objectif de livraisons 2026 inférieur aux attentes, tandis que Boeing montre des signes de reprise
Airbus indique qu’il prévoit de livrer 870 avions commerciaux en 2026, un objectif légèrement inférieur aux attentes des analystes et qui suggère que le groupe aborde l’année avec davantage de prudence que le marché ne l’avait anticipé.
Cette prévision intervient alors que le sentiment des investisseurs à l’égard d’Airbus s’est affaibli. D’après certains analystes, ce changement reflète un ensemble de facteurs : Airbus continue de composer avec des difficultés récentes de production et de fournisseurs, tandis que Boeing semble se stabiliser après une longue période de problèmes opérationnels qui avait permis à Airbus de creuser l’écart.
Un objectif prudent après une année perturbée
Airbus a livré 793 avions en 2025, dépassant de peu un objectif révisé de 790. Cet objectif avait déjà été abaissé par rapport à une ambition initiale de 820, après des problèmes de qualité chez des fournisseurs liés à des panneaux de fuselage, qui ont perturbé les livraisons, notamment pour la famille A320, modèle à très fort volume.
Plusieurs analystes considèrent ces difficultés comme un problème d’exécution plutôt qu’une rupture structurelle de la montée en cadence à long terme d’Airbus, mais l’épisode a tout de même pesé sur les attentes de production à court terme.
Comme les avionneurs encaissent l’essentiel du paiement d’un appareil au moment de sa livraison au client, le nombre de livraisons est l’un des indicateurs les plus importants du secteur. Une prévision inférieure au consensus peut rapidement modifier les anticipations du marché, même si la demande demeure solide.
Boeing réduit l’écart dans le récit concurrentiel
Airbus a profité ces dernières années de la crise prolongée de Boeing, en particulier sur la qualité de production et la fiabilité du 737 Max, le programme monocouloir le plus important de Boeing. Mais la concurrence commence à paraître moins déséquilibrée. Airbus a livré 193 avions de plus que Boeing en 2025, mais Boeing a enregistré davantage de commandes sur l’ensemble de l’année, une première depuis 2018. Ce basculement, combiné aux contraintes de qualité d’Airbus, alimente l’idée que Boeing pourrait regagner du terrain sous la direction de Kelly Ortberg, nommé en 2024.
Le discours de Boeing est aussi devenu plus confiant sur sa capacité à augmenter la production, soutenu par des revenus meilleurs que prévu lors de ses derniers résultats trimestriels.
Des carnets de commandes très élevés, mais l’exécution à court terme compte
Airbus et Boeing affichent tous deux des carnets de commandes très importants, reflet de plusieurs années de tensions sur la chaîne d’approvisionnement depuis la période Covid, dont la normalisation a pris plus de temps que prévu.
Les données du début 2026 montrent aussi à quel point les comparaisons mensuelles peuvent être bruyantes, mais très suivies. En janvier 2026, Boeing a déclaré 46 livraisons et 103 commandes nettes, tandis qu’Airbus a annoncé 19 livraisons et 49 commandes nettes. Les livraisons d’Airbus sont souvent plus faibles en début d’année, mais certains analystes ont néanmoins jugé le chiffre de janvier sensiblement inférieur à celui de l’année précédente.
Dans le même temps, plusieurs observateurs mettent en garde contre une lecture excessive de janvier. L’enjeu principal pourrait être le profil de l’année : si Airbus démarre lentement, il pourrait à nouveau s’appuyer sur un calendrier de livraisons plus concentré en fin d’année, avec davantage de remises d’appareils sur les derniers mois.
À retenir
Airbus reste le leader mondial des livraisons d’avions commerciaux, et la demande demeure soutenue par des carnets de commandes massifs. Mais l’objectif 2026 traduit une approche prudente, et le marché observe de plus en plus si Airbus peut exécuter sa montée en cadence sans accroc, alors que la position concurrentielle de Boeing semble s’améliorer.